
Rennes, le 8 mars 2008 : alors que le Paris Saint-Germain vient d'encaisser un deuxième but face au Stade Rennais, une grande partie du parcage parisien décide de plier bâches et bagages, et quitte prématurément les travées du Stade de la Route de Lorient. Cette image rarissime illustre parfaitement le malaise actuel au sein du microcosme parisien.
L'heure n'est plus à la confiance, ni à la patience : la colère et la détresse tendent à se substituer à un soutien autrefois indéfectible à l'entraîneur breton, de plus en plus décrié dans ses choix et son attitude générale alors que le Paris SG vit des heures sombres, inscrivant son avenir parmi l'élite en pointillé.
Il ne fait aucun doute que l'accueil au Parc des Princes ce weekend sera des plus glacials lors de la réception de Valenciennes. L'apparition de slogans hostiles à l'encontre de Paul Le Guen semble inéluctable, en dépit des états de service de ce dernier à l'époque dorée des années 90.
Le divorce est-il consommé? Et surtout est-il justifié?
Inutile de se lancer dans des comptes d'apothicaires pour constater que depuis l'arrivée en grandes pompes du natif de Pencran, la situation actuelle du club parisien est loin d'être reluisante. S'il faut bien reconnaître que Le Guen a hérité d'un groupe à l'agonie, dans un contexte sportif et extra-sportif détestable, son bilan ne plaide que peu en sa faveur : Paris lutte une nouvelle fois pour sauver sa peau en Ligue 1 et l'équipe ne montre strictement rien de rassurant sur le plan du jeu.
Un ressort semble s'être cassé, les joueurs font preuve d'une fragilité mentale des plus inquiétantes, à un moment où l'on attend une solidité psychologique à toute épreuve. Et Le Guen dans tout ça? Ce dernier n'a évidemment pas pour fonction de se lancer dans une psychothérapie de groupe. Mais il paraît cependant indubitable que l'entraîneur ait une part de responsabilité dans la déliquescence du moral de ses troupes : si l'on ne peut que saluer sur le principe sa volonté de protéger ses troupes face à l'acharnement bien connu des medias, cette attitude a tendance à déresponsabiliser des joueurs qui sont seul maîtres de leur destin sur les terrains.
Autre fait inquiétant, et actuellement mis en exergue par les détracteurs du Breton, son coaching des plus frileux : au regard des dernières rencontres, Le Guen privilégie des formations défensives, symptomatiques d'un état d'esprit actuel consistant à jouer chaque rencontre avec la volonté de ne pas perdre, alors que le club accuse un sérieux déficit de points dans l'optique du maintien.
Cette "frigidité" tactique trouve son écho dans l'attitude des joueurs sur le terrain, désolidarisés des rares pièces offensives du onze, plus affairées à ne pas (trop) subir les poussées adverses qu'à porter le jeu vers l'avant.
Le terme de "bloc" a disparu du vocabulaire francilien, et cet état de fait contribue à caractériser la détresse d'une équipe qui ne sait plus vers où elle avance.
Enfin que dire du rendement des nouvelles recrues parisiennes depuis l'été? Le Guen a imposé ses vues sur les différentes acquisitions du club parisien, et force est de constater, qu'à l'instar du fiasco Bourillon, elles peinent à donner satisfaction. L'énigme concernant les deux Brésiliens reste entière, mais l'on ne peut que stigmatiser le recrutement en urgence de joueurs sans aucune expérience des spécificités du football européen.
Face à ce bilan, il paraît légitime, et le mot est faible, de montrer un certain scepticisme par rapport à la gestion de Le Guen, et de se poser des questions quant aux chances de réussite de ce dernier à réussir son opération maintien.
Et pourtant, le temps n'est pas (encore) venu de faire le procès de Paul Le Guen, quelle que soit la situation actuelle du club.
Il paraîtrait inconcevable de voir le technicien breton débarqué avant la fin de la saison, alors qu'il ne reste que dix rencontres à disputer avant le verdict final. La prise de risque serait disproportionnée, et il serait difficile de trouver un entraineur assez fou pour accepter un challenge des plus relevés avec un laps de temps aussi réduit dans un club si particulier.
De même, une démission du technicien finistérien serait très mal perçue et surtout incomprise avant la fin de l'exercice, au regard de l'attachement qu'entretient ce dernier pour le PSG, quoi qu'on en dise.
D'autre part, un départ de Le Guen serait l'aveu d'un nouvel échec de l'entreprise de reconstruction du club de la Capitale, et surtout le constat implacable de l'incurabilité des maux transperçant depuis de trop nombreuses années le patient "Paris Saint-Germain". Il stigmatiserait l'impossibilité de concevoir un plan de transition sur le moyen terme afin de redresser sportivement le club : si le débat n'est pas nouveau, il paraît pourtant, au fil des valses d'entraineurs et de dirigeants, utopique de penser que le PSG pourrait renaître en peu de temps de ses cendres.
Au final, il ne s'agit pas à l'heure actuelle de juger si Le Guen est l'homme de la situation ou non. Ce bilan ne puisera sa pertinence qu'au baisser de rideau de la saison. Evidemment, il est pénible d'accepter le fait que l'avenir du club de la Capitale reposera en grande partie sur les épaules de son entraîneur. Ce dernier va être soumis lors des semaines à venir à une pression de plus en plus étouffante, et nul ne sait si "PLG" réussira à la surmonter.
Mais le moment de chercher et "punir" les coupables n'est pas encore venu. L'heure est à la survie du club, à son maintien parmi l'élite. Et comme le dit l'expression bien connue, c'est à la fin du bal que l'on paie les musiciens... ou qu'on les lynche.
Par Bogs.
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