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Championnite aiguë ou syndrome de Saint-Denis?

Le 29/02/08 à 16h55 par Bogs


Analyser au fil des saisons le comportement du Paris Saint-Germain s'apparente de plus en plus à un casse-tête irrésolvable. Cette année 2008 est tout particulièrement symptomatique de cet état de fait, le Club de la Capitale, errant dans les profondeurs du classement de Ligue 1, réalise pour l'heure un parcours sans faute dans les deux coupes nationales : si beaucoup de chemin reste encore à parcourir en Coupe de France, le Paris SG a d'ores et déjà décroché son précieux sésame pour la Plaine Saint-Denis, où il défiera le RC Lens en finale de la Coupe de la Ligue.
Cette "schizophrénie" est d'autant plus troublante qu'elle prend toute sa mesure sur le terrain. Le constat est saisissant, Paris n'est plus le même selon qu'il dispute une journée de championnat ou un tour à élimination directe. Pourtant, il serait erroné de penser que le club francilien n'accorde qu'une importance relative à cette Ligue 1 où il développe cette fâcheuse habitude de batailler pour le maintien.



Love Stories à Saint-Denis



L'historique de ces dix dernières années parle de lui-même : Paris a fait son nid au sein du Stade de France, se trouvant être la deuxième formation après la sélection tricolore à y avoir disputé le plus de rencontres : le 29 mars, cela sera la septième fois que les Rouge et Bleu fouleront la pelouse dyonisienne, la troisième fois en ce qui concerne la Coupe de la Ligue (victoire en 1998 face à Bordeaux, défaite en 2000 face à Gueugnon). Toujours en lice en Coupe de France, Paris pourrait y disputer sa cinquième finale, après celles remportées en 1998, 2004 et 2006 (aux détriments respectifs de Lens, Châteauroux et Marseille) sans oublier l'échec en 2003 (face à Auxerre).
En remontant le cours du temps aux quinze dernières années, il s'agirait tout simplement de la dixième finale de Coupe que le Paris Saint-Germain s'apprête à disputer! Un chiffre qui ne manque pas de faire pâlir l'ensemble de l'Hexagone, plus habitué à se gausser des mésaventures de la Capitale en championnat.



Docteur Paris et Mister Saint-Germain



Paris est un spécialiste de la coupe, ce constat reconnu a même fait l'objet d'une très sérieuse étude auprès d'un cabinet d'études récemment.
Mais voilà, le club francilien traîne sa peine depuis (trop) longtemps sur les terrains de Ligue 1, peinant à afficher le panache qu'il démontre à chaque fois qu'il dispute une des coupes françaises.
Un diagnostic de cette pathologie est-il possible? Existe t-il une explication plausible à cette dualité troublante dans les résultats, et qui se vérifie jusque dans le jeu pratiqué?
Bien éclairé sera celui qui détient la réponse car il pourrait guérir ce mal inconnu qui ronge le PSG. Certains medias ont évoqué, à titre d'exemple, le paramètre de la pression qui paralyse l'équipe parisienne en championnat (peur de mal faire, peur de perdre, etc...), et qui serait absente lors des joutes de Coupe de France ou de Coupe de la Ligue. L'argument apparaît cependant désuet à la lumière de la récente rencontre disputée face à Auxerre, lors de laquelle les Rouge et Bleu s'exposaient à une nouvelle "crise" en cas de contre-performance face à la formation icaunaise. Or, cette pression bien présente n'empêcha pas le onze francilien de faire montre d'une fougue offensive, laquelle fait tant défaut en Ligue 1 depuis le début d'année.



Une coupe, oui! Mais pour quoi faire?



Il est coutumier de considérer qu'une victoire en coupe permet, à défaut de sauver une saison médiocre, de se consoler d'un échec en championnat, et d'aborder avec une plus grande sérénité l'année suivante, avec la satisfaction d'avoir achevé l'exercice sur une note positive.
Lors de la saison 2005-2006, en remportant la Coupe de France au dépens de l'Olympique de Marseille, le PSG avait quelque peu redoré une saison bien pâle. La Coupe, remède à tous les maux? Cette année démontre clairement l'impertinence du propos.
Loin d'avoir assuré son maintien (et encore, le mot est faible), le Paris SG se retrouve dans une posture des plus indélicates, à l'instar de la dernière saison ; la perspective de lever un voire deux trophées n'arrangera en aucun cas la donne si le club parisien venait à perdre le droit d'évoluer au sein de l'élite l'année prochaine. De même, un maintien poussif ne ferait en rien les affaires du PSG en dépit de l'obtention d'une coupe synonyme de Coupe de l'UEFA, tant le discrédit sur le club parisien serait grand.

Au final, après avoir fait le tour de la question, force est de constater que le club présente conjointement les symptômes d'un syndrome de Saint-Denis couplé à une championnite aiguë. Et le simple fait d'avoir fait le tour de la question sans avoir pu mettre en exergue le moindre élément de réponse dénote parfaitement que le problème est grave. Paris est bel et bien malade...


Par Bogs.