
PSG-OM, le classique du football français, la plus forte rivalité entre les deux clubs les plus populaires de l'hexagone ,n'en déplaise à un certain M. Aulas, ainsi qu'aux médias qui s'investissent beaucoup pour minimiser la portée de l'événement. Il est vrai que depuis quelques années, la tension entre les deux équipes est retombée, mais la pression populaire est toujours là. Cette semaine, plutôt que la tempête médiatique à coups de déclarations fracassantes, c'était le calme plat du côté de la Commanderie ou du Camp des Loges. Tout juste pourra-t-on noter la déclaration de Pape Diouf, tristement célèbre depuis l'épisode dit "des Minots", apparentant une frange des supporters parisiens à des "brigands de stade".
Comme dirait l'autre, balayez d'abord devant votre porte Monsieur (ne serait-ce que l'épisode des couteaux de bouchers découverts dans un car de "supporters", parmi tant d'autres événements), et concentrez-vous sur le jeu. Pour Paris, l'occasion était belle en cas de victoire de prendre six points d'avance sur la zone rouge. Adepte de la stabilité, Paul Le Guen avait décidé de reconduire son onze type depuis quelques temps, avec donc Souza sur l'aile droite.
Dans une ambiance du tonnerre, l'on remarque bien vite que, à l'inverse des attentes, les parisiens sont bien décidés à marquer leur territoire plutôt que de faire le dos rond face à la furia marseillaise du premier quart-d'heure. D'orage olympien il n'y aura donc pas, du moins dans la première demi-heure, mais plutôt un bloc parisien bien en place, pressant et récupérant le ballon haut et se créant les meilleures situations. La première intervient sur un coup-franc frappé par Rothen: Armand est à la réception premier poteau pour une tête décroisée que Mandanda sort d'une jolie horizontale (17').
Paris toujours, avec un contre initié par Diané rapidement avorté par le bon retour du milieu marseillais, mais Chantôme chaparde le cuir au niveau de la ligne médiane et transmet au TGV ivoirien, qui se fend d'un grand pont sur Givet et part au but. C'est alors que Bonnart effectue un tacle jugé irrégulier par M. Layec qui siffle penalty et avertit le joueur marseillais. Au ralenti, l'on se rend pourtant compte que l'intervention de Bonnart semble régulière et que, si faute il y avait, elle aurait eu lieu en dehors de la surface. Il faut pourtant exécuter la sentence, et c'est Rothen qui s'y colle. Le gaucher parisien prend une première fois Mandanda à contre-pied, mais l'arbitre demande à retirer le penalty, des joueurs ayant pénétré dans la surface. Le gaucher parisien s'élance à nouveau... pour le même résultat (0-1, 29').
C'est ici que se situe le premier tournant de ce match, avec un jeu qui se durcit de plus en plus (Rothen, Cheyrou puis Armand sont avertis, le tout en quatre minutes), mais aussi et surtout des parisiens qui oublient leurs belles intentions de pressing, reculant dangereusement et multipliant les fautes aux abords de leur surface. Sur l'un des coup-francs en découlant, Nasri envoie le ballon dans la surface, Landreau sort mais est trop court. Taïwo, qui a pris le dessus sur Camara, en profite et égalise, malgré une main involontaire (1-1, 37'). Marseille est enfin dans son match, alors que Landreau semble déconnecté suite à son erreur: sur une frappe aux vingt mètres de Valbuena, Landreau se couche mais laisse échapper le cuir qui revient à Niang, dont la talonnade est finalement captée par le portier parisien (44'). Auparavant, Cheyrou s'était essayé à la frappe de loin, de peu à côté (43'). Marseille toujours, avec Valbuena dans ses oeuvres, obligeant Chantôme et Clément à reculer. Il lance enfin Niang dans le dos de Ceara qui, d'une frappe croisée et malgré le retour du brésilien, permet à son club de regagner les vestiaires avec un but d'avance au tableau d'affichage (2-1, 45').
La seconde période débute comme la première s'est terminée, avec des marseillais dominateurs, trustant la possession de balle et s'essayant à la frappe lointaine, mais ni Cissé par deux fois, ni Nasri ou Kabore ne parviennent à trouver la cadre, Valbuena échouant par deux fois sur Landreau, dans un premier quart d'heure à sens unique. Paris se remet alors à presser, récupérer haut et se porte vers l'avant, même si les actions concrètes se font attendre. Le Guen remplace alors Chantôme par Pauleta, faisant muer son système en un 4-3-3. Pour son dernier Clasico, l'Aigle des Açores fait tout d'abord parler sa science du placement, se démarquant seul au second poteau dans l'attente d'un ballon de Diané qui ne viendra jamais, celui-ci préférant s'enfermer dans ses dribbles plutôt que lever sa tête (74'). Il démontre ensuite toute sa roublardise, en s'intercalant entre Mandanda et son défenseur central suite à un long dégagement de Landreau, mais le portier marseillais veille au grain (76').
Malheureusement, ni les multiples corners de Rothen (tirés à chaque fois sous une pluie de projectile divers et variés, n'en déplaise à Pape Diouf), ni l'entrée d'Everton Santos (Souza, 85'), ne changeront la donne, Paris s'incline au Vélodrome par 2-1. Les parisiens auront beaucoup donné ce soir, notamment au cours d'une première demi-heure de grande qualité, mais un match dure 90 minutes, et c'est ce qui fait que l'OM emporte ce soir une victoire méritée, le propulsant à la quatrième place du classement. Paris, seizième, toujours à trois points de Toulouse, premier relégable, a sans doute vu s'envoler ses derniers espoirs de se mêler à la lutte pour les places d'honneurs, et doit se remobiliser au plus vite pour recevoir Monaco le week-end prochain, mais surtout pour décrocher rapidement son maintien parmi l'élite du football français. Allez, pour le plaisir, l'on notera tout de même la reprise de Cissé à trois mètres du but vide qui passe deux mètres au-dessus de la transversale de Landreau, et qui nous aura bien fait rigoler. Sacré Djibril.
Par Gods.
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