
Janvier 2008 est mort, vive Février, et avec lui la fin du mercato hivernal. Un marché des transferts paradoxalement assez mouvementé du côté du Parc des Princes, avec départs, arrivées, suspens ou encore controverses. Retour sur un mois de Janvier jamais tout à fait comme les autres.
Cependant, effectuons d'abord un (nécessaire) flash-back vers Septembre 2007. Le mercato estival vient de fermer ses portes, mais la fièvre acheteuse n'a pas quitté Paris. Tout d'abord du fait d'un début de saison difficile, pour ne pas dire râté (1 victoire, 4 nuls, 1 défaite) au vu des ambitions du club, même en phase de transition. Mal depuis longtemps stigmatisé par les supporters depuis le départ d'un certain Fiorèse, l'absence de pendant à Jérôme Rothen sur le flanc droit du milieu de terrain est préjudiciable au jeu parisien. En effet, orienté qu'il est vers la flanc gauche de l'ex-monégasque, il est aisé à contrecarrer pour un entraîneur ayant un minimum de culture tactique.
Pourtant, comme chaque mercato depuis trois ans, rien n'a bougé de ce côté là, et c'est à nouveau au tour des Frau, Diané ou encore Arnaud de dépanner à un poste qu'ils maîtrisent très peu. Pourtant, à la fin du mercato, une rumeur est partie, annonçant l'international espoir Gouffran, titulaire sur le couloir droit du promu Caennais, en approche. Las, le refus du club Normand restera inébranlable, et ce malgré les protestations du joueur. Cependant, il se murmure dès la fin du mercato que Gouffran à Paris, ce sera fait dès cet hiver, la président Cayzac allant même jusqu'à promettre une "surprise" aux fans à l'orée du mercato hivernal.
Suite à une première partie de saison qui a vu son équipe flirter avec la zone de relégation, Paul Le Guen fixe ses priorités: un milieu droit (enfin!) et un attaquant. Le premier poste semble donc promis à Gouffran mais, plus les jours passent, plus le doute grandit, jusqu'à l'inattendu: Gouffran décide de rester à Caen jusqu'en fin de saison, préférant la sérénité normande à l'hystérie chronique de la Porte de St Cloud.
Vint ensuite le cas Fred, dont les écarts disciplinaires fréquents ainsi que l'émergence de Karim Benzema ont repoussé sur le banc lyonnais. Se retrouvant avec une doublure de trop pour le néo-international tricolore (Baros et Fred), Jean-Michel Aulas veut à tout prix en refourguer un et, quitte à choisir, préférerait se débarrasser d'un Fred dont l'individualisme et l'indiscipline l'exaspèrent au plus haut point. C'est ainsi qu'il annonce que Fred est à vendre et que, dans sa grande magnanimité de Superman du football français, il aimerait le vendre à Paris, pour la modique somme de 12M€. L'affaire sera finalement proche de se conclure aux alentours de 9-10M€, mais l'attitude et les prétentions salariales exorbitantes du joueur (rien de moins que le salaire de Pauleta!) vont pousser le président Cayzac à mettre un terme aux négociations.
Vint ensuite un joli coup, avec la signature pour la saison prochaine du meilleur buteur de L2 Guillaume Hoarau (Le Havre), pour 500.000€, accompagné d'un allégement de la masse salariale avec les départs de Frau (Lille) et Gallardo (Washington). Cependant, plus l'on approche de la fin du mercato, plus la crainte de revenir bredouille, et donc sans ailier droit, s'instaure dans l'esprit des supporters. C'est au tour de Milos Krasic (CSKA Moscou) d'être pisté. International serbe et ailier droit, il semble correspondre à ce que recherche Paul Le Guen mais, contrairement au cas Fred, si un accord salarial va vite être trouvé avec le joueur, l'indemnité réclamée par le club moscovite (7M€) va refroidir les dirigeants parisiens.
Plus que quelques jours avant la fin du mercato, et le compteur rumeurs s'affole: Diogo, Kerzhakov, De Ridder, et enfin Souza. Ce dernier, âgé de vingt-huit ans, vient de gagner deux titres de Champion du Brésil avec son club du Sao Paulo FC, où il est considéré comme une star. C'est lui qui va finalement être engagé pour devenir ce milieu droit tant attendu, et formera avec Ceara une doublette auriverde alléchante sur le papier. Reste maintenant à savoir si défensivement l'attelage tiendra le coup, tant Ceara nous a habitué à quelques errements dans ce domaine.
Ce transfert, entériné jeudi 31 Janvier au soir, ne sera pourtant pas le seul car un autre brésilien débarque dans la capitale: Everton Santos, 21 ans, attaquant des Corinthians (relégué en L2 brésilienne). Si Souza devra vite se montrer opérationnel et efficace, Everton, qui revient de blessure, ressemble plus à un pari sur l'avenir qu'à un renfort immédiat.
Finalement, en théorie, le mercato parisien est une réussite, vu que Paul Le Guen a obtenu ce qu'il demandait: un milieu droit (Souza) et un attaquant (Everton). Pourtant, il est légitime de se poser la question de la possibilité que ces deux renforts auriverde soient des choix par défaut, après les échecs successifs des dossiers Gouffran, Fred ou encore Krasic. Il se murmure par ailleurs que les actionnaires n'aient que très modérément apprécié la gestion de ce mercato par la cellule recrutement du club, dirigée par Alain Roche, en étroite collaboration avec Le Guen. Pourtant, le coach parisien a souvent martelé qu'il ne prendrait pas de joueurs par défaut, mais bien parce qu'il serait convaincu de l'utilité de ces joueurs à son équipe. Espérons que l'urgence de la situation ne l'ait pas poussé à renier ce principe.
Enfin, comment ne pas parler des cas Gouffran et Fred, révélateurs selon beaucoup de médias, de la perte d'attractivité du club de la Capitale. En effet, si le Paris Saint-Germain n'est plus que l'ombre du grand club qu'il a été durant les années 1990, il reste un club mythique en France. C'est plutôt du côté du contexte particulier de ce mercato qu'il faut chercher des raisons. La situation du club, au bord de la zone rouge, avec aucune victoire à domicile lors de la phase aller de L1, et une grève des supporters sur les bras, auraient pu en rebuter plus d'un, et c'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Yoan Gouffran. Par ailleurs, l'on ne peut que se féliciter du revirement d'un joueur effrayé avant même de jouer, car dans sa situation actuelle Paris n'a vraiment pas besoin de ce genre de joueur. Pour Fred, la situation est encore différente, car le différent est ici salarial. Convoité par Paris mais aussi Tottenham et Middlesbrough, l'attaquant brésilien a voulu faire monter les enchères, montrant ainsi sa préférence pour l'aspect pécunier plutôt que le sportif. Par ailleurs, au 31 Janvier, il chauffe toujours le banc lyonnais.
Par Gods.
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