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L'Ere Denisot (1991-1998)

Si le Paris Saint-Germain revêt aujourd'hui ce statut de grand de France, il le doit, en grande partie, à l'âge d'or des années 90, marquées par la Présidence durant sept années de Michel Denisot.

Petit rappel des faits: en 1990, le Paris Saint-Germain est exsangue financièrement, la dynamique enclenchée depuis le premier sacre en D1 en 1986 laisse place à une désillusion croissante, alors que dans le même temps, l'éphémère rival local du Matra Racing poursuit sa dégringolade dans les profondeurs du championnat. Le football francilien est menacé et le PSG, sans l'apport de nouveaux partenaires risque de mettre la clef sous la porte.

PSG Michel Denisot Biographies

Un nouveau propriétaire, de nouveaux espoirs


1991: après de tumultueuses tractations avec divers repreneurs, dont un projet pharaonique d'un certain Silvio Berlusconi, un accord est finalement signé avec la chaîne privée cryptée Canal Plus et la ville de Paris, qui révolutionne le statut du club, se muant en SAOS (Société Anonyme à Objet Sportif), et lui apporte les fonds nécessaires aux fins d'éviter sa disparition. Mais la réelle motivation inavouée à cette époque, et tandis que l'Olympique de Marseille commence à flirter avec les sommets européens, tend à imposer au paysage français une nouvelle écurie, compétitive sur la scène nationale et reconnue au sein du gotha européen. La direction est chamboulée, Pierre Lescure, en toute logique, devient président de la société et délègue la direction du club à Michel Denisot, journaliste de métier et responsable du service sports de Canal Plus.

Le premier acte de Denisot est d'enrôler en tant qu'entraîneur le Portugais Artur Jorge, en provenance du FC Porto, auréolé d'un championnat en 1990, et surtout, d'une Coupe d'Europe des Clubs Champions (devenue la Ligue des Champions) en 1987. Conjugué à l'arrivée, notamment, de deux Brésiliens nommés Ricardo et Valdo, le PSG se donne les moyens de prendre une nouvelle ampleur dans le monde du football. La première saison de l'ère Denisot offre au club francilien une place somme toute honorable de troisième en championnat, et surtout, un ticket pour l'Europe; le Paris SG est aux prémices d'une longue histoire d'amour avec les coupes européennes...


Vers les sommets du championnat


Lors de l'exercice 92-93, le club, renforcé notamment par l'arrivée de Bernard Lama, Alain Roche ou encore le Libérien George Weah, dispute âprement la bataille avec l'OM. Mais, outre son anecdotique titre de "dauphin sans champion", suite à l'affaire OM-VA, c'est en Coupe de l'UEFA que le PSG fait parler de lui. En effet, après avoir éliminé entre autres Naples et Anderlecht, le club, pourtant malmené à Santiago Bernabeu offre un match d'anthologie au Parc des Princes, atomisant le grand Real Madrid sur un score de 4 à 1 et accède en demi-finales, éliminé par le futur lauréat, la Juventus de Turin. Une grande histoire est en passe d'être créée. Enfin, le Paris SG s'adjuge une Coupe de France, avec la manière, en étrillant le FC Nantes sur le score sans appel de 3 à 0.

La saison suivante focalise toutes les attentions sur le club, attendu au tournant par ses détracteurs, sceptiques quant à la faculté du PSG de confirmer les bons résultats de l'an passé: cette année 94 sera celle de la consécration. Les Bleu et Rouge survolent le championnat, s'adjugeant le titre avec huit points d'avance, une série d'invincibilité de 27 matchs sans défaite et l'un des plus faibles nombre de buts encaissés dans l'histoire de la première division. La charnière centrale Ricardo-Roche est implacable, le trio Valdo-Guérin-Le Guen à l'entrejeu, sans oublier la duette Weah-Ginola et le portier Lama font des merveilles, produisent un jeu séduisant, offrant enfin un deuxième titre tant attendu. Sur la scène européenne, les Parisiens ne sont pas en reste: s'offrant une nouvelle fois le Real Madrid en quarts de finale, ils n'échoueront qu'aux portes de la finale face au futur vainqueur, Arsenal.


L'ascension du mont "Europe"


Auréolé de son titre, et muni d'un effectif quasi inchangé, mis à part la nomination d'un ancien du club, en la personne de Luis Fernandez, le Paris Saint-Germain a dès lors l'ambition de marquer de son empreinte la Ligue des Champions, qu'il dispute pour la première fois depuis la refonte de la compétition en 1991; mais il a aussi la volonté de reconfirmer sur la scène nationale son excellent exercice précédent. Mais le PSG restera impuissant face à l'énorme saison nantaise, se contentant d'une troisième place derrière l'Olympique Lyonnais. Les Parisiens vont par contre focaliser toutes les attentions sur le plan continental: basculé dans le groupe du Spartak Moscou, du Dinamo Kiev, et, surtout, du redoutable Bayern Munich, le Paris SG va dominer d'une main de maître cette poule en réussissant l'exploit rarissime de remporter chacune des six rencontres, grâce notamment à un George Weah impressionnant. Les grands sont avertis: il va falloir compter sur le PSG. La suite des événements s'annonce pourtant rude, le club tombant en quarts de finale contre un spécialiste du genre, le FC Barcelone: ramenant un match nul honorable au Camp Nou à l'aller, les Parisiens dans leur antre, pourtant menés, réussissent à l'emporter et accèdent au dernier carré, trouvant sur leur chemin le Milan AC. Une fois de plus malheureusement, ils se feront sortir par des Milanais froids de réalisme, mais avec la satisfaction d'avoir réalisé un grand parcours. Et l'octroi d'une nouvelle Coupe de France, face au RC Strasbourg, ainsi que de la première Coupe de la Ligue aux dépens du SC Bastia, permettront de garnir un peu plus la salle des trophées du club.

A l'orée de la saison 95-96, une fin de cycle semble s'annoncer: Weah et Ginola partis, le club se voit dans l'obligation de renouveler son attaque, et s'attche les services de Youri Djorkaeff, Patrice Loko ainsi que du Panaméen Dely Valdes. En championnat, le PSG brille, du moins les deux premiers tiers de la saison: le trio Djorkaeff- Raï- Valdes fait des ravages, mais, alors que les médias dithyrambiquement annoncent le sacre futur et certain du club, les Parisiens enchaînent les contre-performances et se font rattraper sur le fil par l'AJ Auxerre, qui s'octroie le titre aux dépens du club de la Capitale; la déception est à la hauteur des espoirs entrevus en début de saison. Cependant, le Paris Saint-Germain va exceller sur la scène européenne: qualifié pour la Coupe des Vainqueurs de Coupes, les Parisiens, après une partie de campagne face aux modestes Norvegiens de Molde, éliminent les Ecossais du Celtic, avec notamment une correction infligée sur leur pelouse. Le prochain client, en quarts, par contre est un habitué des compétitions européennes: le Parme AC a notamment à son actif une Coupe de l'UEFA acquise en 1995, ainsi qu'une C2 obtenue en 1993. La tâche semble difficile, mais le PSG, défait à l'aller, va renverser la vapeur au Parc lors de la rencontre retour. Une quatrième demi-finale consécutive se profile, face au Deportivo La Corogne, et cette occasion de goûter aux joies d'une finale européenne, les Parisiens ne la laisseront pas filer s'imposant lors des deux rencontres sur la plus petite des marges, et se voient ouvrir les portes du stade du Roi Baudouin à Bruxelles. Face à eux, les modestes mais surprenants Autrichiens du Rapid de Vienne vont opposer une farouche résistance mais ne pourront rien sur un somptueux coup-franc de N'Gotty, unique mais si précieux but, offrant au Paris SG un sacre tant attendu, et à la France un deuxième titre européen.

PSG Victoire 1996 C2

Une fin de cycle délicate


1996-97: le Paris Saint-Germain veut renouer avec le championnat, qui lui échappe depuis deux ans maintenant. Exit Djorkaeff, parti convoler sous les cieux nerazzuri et Fernandez, bienvenue au Brésilien Leonardo et au revenant Ricardo, cette fois-ci en tant que manager, et revoilà le club reparti sur les chapeaux de roues en première division, s'octroyant le ô combien symbolique titre de champion d'automne, juste devant les Monégasques. Mais à la rentrée hivernale, le PSG prend froid, s'embourbe dans ce que les médias se complairont à dénommer la "crise de février", laissant le champ libre à Monaco, excellant par une régularité en championnat. Le club échoue une nouvelle fois à la deuxième place du classement. En Coupe des Coupes, par contre, les Parisiens sont toujours séduisants, à l'image de ce huitième de finale face aux Turcs de Galatasaray où les Rouge et Bleu renversent la vapeur, infligeant un cuisant 4 à 0 au Parc des Princes. Les quarts de finales face à l'AEK Athènes constituant une formalité, notamment grâce à un Loko rayonnant, le Paris SG, en demi-finales, se trouve confrontés aux Reds de Liverpool et offre une démonstration au match aller qui leur assure quasiment un billet pour la finale, malgré une défaite à Anfield Road. Paris réalise l'exploit de disputer deux finales d'affilée, mais cette fois-ci, face à un FC Barcelone avide de revanche. Au Feyenoordstadion, le PSG n'entrera finalement pas dans l'histoire en tant que seul club ayant réussi à conserver une Coupe des Coupes -alors au crépuscule de son existence- Ronaldo marquant sur penalty l'unique but de la rencontre. Et le club francilien de vivre sa première année depuis 1992 sans accrocher le moindre titre...

L'année suivante marque la fin d'une époque: l'effectif apparaît en fin de cycle, et malgré un recrutement ambitieux, porté entre autres par Marco Simone, éternel joker de luxe du Milan AC, et Florian Maurice, en provenance de Lyon, le Paris Saint-Germain effectue une saison ratée en championnat, ne s'arrogeant qu'une peu glorieuse huitième place, loin des ambitions affichées. L'Europe ne sourira pas plus aux Parisiens: pourtant, au tour préliminaire, le Parc connaîtra l'une des plus jouissives prestations parisiennes face au Steaua Bucarest: défaits au match aller 3 à 0 sur tapis vert, le PSG, emmené par un grand Raï, atomise les Roumains sur le score de 5 à 0. En poule, les franciliens vont échouer de justesse aux portes des quarts, se classant deuxièmes derrière le Bayern Munich. Le club se consolera de justesse, en empochant une nouvelle fois les coupes de France et de la Ligue, dans un Stade de France flambant neuf, respectivement face à Lens et face aux Girondins de Bordeaux. Denisot sera remercié peu de temps après...

Que retenir dès lors de cette ère? Il suffit de se pencher sur les titres remportés et les faits d'armes du club durant ces sept années, à savoir:

- un Championnat de France de D1(1994)
- trois places de dauphin en D1
- trois Coupes de France (1993, 1995, 1998)
- deux Coupes de la Ligue (1995,1998)
- une victoire en Coupe des Vainqueurs de Coupes (1996)
- une finale de Coupe des Vainqueurs de Coupes (1997)
- une demi-finale de Ligue des Champions (1995)
- une demi-finale de Coupe des Vainqueurs de Coupes (1994)
- une demi-finale de Coupe de l'UEFA

De là à dire que l'ère Denisot fut l'âge d'or du Paris Saint-Germain...

Par bogs.