Il fait partie intégrante de cette caste des joueurs-cadres qui marquent de leur empreinte; et pourtant, Jimmy Algerino ne fut pas l'un des joueurs les plus connus dans la jeune histoire du Paris Saint-Germain, cela dû sans doute à un parcours atypique, des débuts cahotiques, (ou tout du moins aux antipodes des éclosions précoces coutumières de cette époque) et une émergence tardive.
Né le 28 octobre 1971 à Toulouse, Algerino, fils de modestes immigrés italiens, se prédestine très tôt au ballon rond. Inconditionnel du TéFéCé, il échoue cependant dans sa tentative d'intégrer le centre de fomation du club et doit se résigner à tenter sa chance ailleurs. C'est à Niort qu'il effectue ses premières gammes en tant qu'ailier droit, en 2ème division, à l'âge de 17ans. Mais le club, en pleine banqueroute, doit déposer le bilan, poussant le Toulousain à rechercher un club, une formation. Direction le Rocher Monégasque, et après quelques essais concluants en réserve, Algérino intègre le club, sous la houlette d'Arsène Wenger. Cependant, il vit à l'ombre des grands et doit se contenter la majeure partie de la saison de l'équipe réserve. Malgré tout, Jimmy est lancé dans le grand bain de la D1, en janvier 1992 à Lille, à un poste de latéral droit, qui sera son rôle de prédilection par la suite: non content de fêter sa première cape, Algerino inscrira même le but de la victoire des siens; mais Jimmy sait que Monaco ne lui permettra pas de progresser, ce qui l'amène à rejoindre Epinal en D2 à l'issue de la saison 1991-92. Là bas, il acquiert rapidement une place de titulaire mais ne peut empêcher la descente de son club en D3.
Algerino part alors pour Châteauroux, pourtant relégué lui aussi en division inférieure. Il retrouve la D2 à l'issue de sa première saison, et s'installe par la suite comme un cadre de la défense castelroussaine, stabilisant le club dans la première moitié de tableau. Ses performances intéressent alors les dirigeants parisiens: Denisot, ancien président de la Berrichonne, ayant conservé pour autant des fonctions honorifiques, va faciliter la transaction, et c'est ainsi que Jimmy débarque dans le club de la Ville Lumière en été 1996 pour un montant de 5 millions de Francs.

Dans un groupe où les latéraux sont peu nombreux, Algerino réussit parfaitement à s'intégrer et s'offre rapidement une place de latéral droit dans le onze parisien, malgré son peu d'expérience au haut niveau (3 matchs en D1 à l'époque). Sa tenacité, sa vivacité soulage la charnière vieillissante Roche-Le Guen au sein de la défense. Il connaîtra pour sa première année une place de dauphin du championnat, et participera à l'épopée parisienne en Coupe des Coupes jusqu'à la finale perdue contre le FC Barcelone. Mais pour autant, malgré une ascension fulgurante, Algerino garde la tête froide, bossant dur à l'entraînement pour faire valoir sa place de titulaire. L'année suivante, malgré la saison médiocre du club, Algerino confirme sa bonne première saison, en tenant régulièrement les rennes du couloir droit de la défense francilienne, et participe à la quasi-intégralité de la campagne en Ligue des Champions.
Arrive alors la fin de l'ère Denisot, bouleversant non seulement l'organigramme du club, mais aussi l'effectif, en majeure partie renouvelé. Paris connaît une saison noire, mais Algerino ne quitte pas pour autant le navire, malgré les velléités de Giresse, éphémère entraineur du club, à son égard. L'année suivante, Algerino ne rentre plus dans les plans de Bergeroo, mais se contente d'officier en tant que joker défensif, et connaît à nouveau une place de vice-champion de France. Mais au terme d'une nouvelle saison lamentable, malgré (ou à cause) d'énièmes boueversements d'effectif, un nouvel entraineur en la personne de Fernandez, Jimmy décide de faire ses valises et d'accomplir un rêve, celui de fouler les pelouses italiennes; il atterrit donc à Venise, terre de ses ancêtres en été 2001, où il effectuera quelques apparitions, avant de rejoindre prématurément la France et Sochaux, pour une nouvelle aventure de quelques mois. Miné par les blessures, il boucle son parcours en retrouvant la Berrichonne de Châteauroux, jusqu'en 2004 et une certaine finale de Coupe de France perdue contre le Paris, pour enfin achèver sa carrière de footballeur professionnel au sein du modeste club de Legnano, en Serie C2 italienne.

Malgré son cursus peu conventionnel, Algerino a connu sa majeure et meilleure partie de carrière au Paris SG, où, à l'ombre des "stars" qu'il cotoya, il fit preuve d'une abnégation et d'un dévouement sans faille à son club. Réservé en dehors du terrain, Algerino n'a jamais aimé faire parler de lui, mais il ne mérite pas pour autant d'être oublié au Panthéon des joueurs du PSG, pour ses qualités humaines ainsi que pour son talent, car Jimmy fut l'un des meilleurs arrières droit du club.

Carrière :
- 1991-1992 : Monaco
- 1992-1993 : Epinal
- 1993-1996 : Châteauroux
- 1996-2001 : Paris-SG
- 2001-2002(déc) : Venezia
- 2001-2002 : Sochaux
- 2002-2004 : Châteauroux
- 171 Matchs joués sous les couleurs Parisiennes, 10 buts marqués.
Palmarès:
- Champion de France en 1994 (Châteauroux)
- Vainqueur de la Coupe de France en 1998 (Paris-SG)
- Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 1998 (Paris-SG)
- Finaliste de la Super Coupe d'Europe en 1996 (Paris-SG)
- Finaliste de la C2 en 1997 (Paris-SG)
- Finaliste de la Coupe de France en 2004 (Châteauroux)